Regard neuf sur de (vieux) déchets

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Déchets, c’est le plus récent projet artistique de Sophie Castonguay, enseignante d’arts visuels au Cégep de Saint-Jérôme. (Photo : gracieuseté)

Déchets, c’est le plus récent projet artistique de Sophie Castonguay, enseignante d’arts visuels au Cégep de Saint-Jérôme. Celui-ci sera présenté, tout l’automne, au Ciné-Marais à Val-Morin et fera l’objet d’une exposition à l’Espace Rhizomes, les 18 et 19 novembre.

Le concept est simple : pendant un an, l’artiste accumulera tous les détritus que son ménage produit dans le but de les transformer en œuvres d’arts. Les pérégrinations de la petite famille seront présentées sous forme de capsules diffusées sur le site dechet.ca. Chacune traite la thématique sous un angle différent, permettant de prendre conscience de l’énorme quantité de déchets qui est produite sur une base régulière, et par le fait même, de générer une réflexion sur ce sujet.

À ce volet virtuel s’ajoute la création d’œuvres plus « traditionnelles », où les détritus sont assemblés de sorte à créer des sculptures, des montages, des collages et autres pièces uniques. Ceux-ci sont créés par Mme Castonguay, ainsi que par deux artistes en résidence au Centre Turbine : Marie-Claude Gendron et Georges Audet.

« L’idée est de constater l’ampleur de notre consommation, mais aussi de prendre le temps d’observer nos déchets – plutôt que de les jeter. Le but n’est pas de se sentir coupable, mais bien de réaliser, pour ensuite se réajuster [nos comportements]. », explique Mme Castonguay.

Loin d’être déprimant ou pessimiste, ce projet permet à l’artiste de « s’amuser et de faire des choses qu’elle ne fait pas d’habitude ».

« Puisque je le fais avec ma famille, je suis moins dans ma « signature d’artiste » », confie-t-elle.

Déboulonner les mythes

Depuis le début de cette aventure, qui s’est amorcée le 1er février dernier, l’artiste a fait de nombreuses découvertes sur les déchets et la manière dont on en dispose (enfouissement, recyclage, compostage). Elle a notamment réalisé qu’en voulant poser certains gestes qualifiés de « verts », elle augmentait – au contraire – son empreinte écologique!

« Le papier [qu’on met au recyclage] s’en va en Chine : on le transporte par bateau, ça prend du pétrole, etc. Puis, ça revient chez nous sous la forme de produits qu’on retrouve au Dollorama. Ça m’amène à me demander si c’est vraiment écologique de recycler! », illustre-t-elle.

Elle cite aussi en exemple le bioplastique utilisé dans certaines épiceries qui – bien que biodégradable – laisse des microparticules plastiques qui polluent les sols.

« On est pris dans des rouages! Peut-on vraiment arriver à l’épicerie et dire : je veux acheter ton produit, mais pas ton emballage? L’épicier va-t-il trouver que je suis raisonnable? Ça ramène à l’idée du « commun », soit d’acheter ensemble et de boycotter ensemble. Bref, il y a plein de questions et de paradoxes qui surgissent! »

Pour en savoir plus, on visite le site dechet.ca et on consulte la page Facebook.